05 février 2016

Le Ménestrel et Castil-Blaze, 1852

  Le 17 octobre 1852, le Ménestrel, petite feuille parisienne consacrée à la musique et aux spectacles, glissait cet entrefilet humoristique, mais quand même assez fielleux, concernant le musicographe, adaptateur et compositeur bien connu de ses lecteurs, Castil-Blaze. Bel exemple de l’agacement quelque peu raciste de nombre d’écrivaillons parisiens devant l’apparition d’une Lettre provençale, aussitôt présentée comme ennemie majeure de la langue française.       Pour autant, le venin du Ménestrel n’est... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 04:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 juin 2015

Provençal ? Occitan ?

  La question m'a été posée par un lecteur de ce blog, de la "juste" désignation de ce parler, lambeau (le français en est un autre) de l'implosion du latin populaire en multiples idiomes "romans". Question qui peut apparaître totalement hors jeu, au regard de la situation politique, économique et sociale que nous connaissons, et qui risque sans doute de nous renvoyer dans le pré carré d'une poignée d'aficionados, souvent déchirés... par des questions d'appellations justement. Mais question aussi, qui, indirectement, nous... [Lire la suite]
16 février 2015

1897 - La Lanterne, sur les Félibres

Dans la feuille parisienne La Lanterne – 10 août 1897, le critique et écrivain Jean Ajalbert [1863-1947], alors quelque peu libertaire (et boulangiste), et lui même d’origine méridionale, se moque gentiment des descentes estivales des Félibres de Paris sur le Midi, mais il s’interroge aussi sur la vitalité apparente du « vrai » mouvement, celui de la province, et sur son avenir. Variétés Ce qui distingue les félibres des pauvres gens franchimans, c’est une grande résistance à la chaleur. En effet, on peut se laisser... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 06:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
28 janvier 2015

Optimisme poétique félibréen

La série de critiques sur Calendau nous l'a montré : la presse française, quand elle parle de la poésie provençale (même en bien, cela lui arrive), ne cesse de la renvoyer à ses facilités patoisantes et/ou sa fermeture sur un dialecte. Et surtout, elle l'oppose aux magnifiques réussites de la poésie française, classique ou contemporaine. L'article publié hier en est un excellent exemple. Ce qui n'empêche pas les Félibres, tout au long des années 1860, de se griser de leurs envols poétiques, qu'ils opposent au tarissement supposé de la... [Lire la suite]
19 janvier 2015

Naissance du Félibrige

Abandonnant l'entreprise de Gaut, Roumanille, Mistral et cinq amis proches fondent le Félibrige à Avignon, en 1854. Dès 1855 les Félibres publiaient chez les frères Aubanel, à Avignon, leur Armana où ils annonçaient clairement la couleur, si l’on peut dire. En voici l’article inaugural, qui donne le ton de cette production qui se veut bonhomme et populaire, mais qui, de façon quelque peu codée, veut régler son compte au rassemblement tel que le concevait le Roumavagi et à ses conceptions graphiques : Pourtissoun Trop grata coui,... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 05:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
27 novembre 2014

Philippe Martel, Les Félibres et leur temps. Renaissance d’oc et opinion (1850-1914)

    Philippe Martel, Les Félibres et leur temps. Renaissance d’oc et opinion (1850-1914), Presses Universitaires de Bordeaux, 2010. Philippe Martel, professeur à l'université de Montpellier, propose ici la quintessence d’une thèse d’état fondamentale, déjà ancienne, mais le livre vient à son heure, au moment où un public plus large que celui des passionnés commence à s’interroger sur l’origine, la nature, les ambitions et les impasses du mouvement « renaissantiste » de langue d’Oc. Ce public y trouvera... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 06:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 octobre 2014

René Merle : "Pierre Duplay - le parler stéphanois (gaga) et la langue d'oc"

Un bon exemple de la distorsion entre conscience linguistique et définition scientifique de la langue nous est donné par la préface du dictionnaire du parler stéphanois (parler « gaga »), publié en 1896 par Pierre Duplay (1842-1902). Pour Duplay, chantre du parler local, le gaga, dont il décrit et exalte toute la spécificité, est un rameau de la langue d’oc (affirmation couverte par l’autorité de Mistral et le prestige du Félibrige), et non un parler bientôt défini comme francoprovençal par les linguistes. Voyons ce qu’il... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 15:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
22 octobre 2014

René Merle : "Révélations "identitaires" et provençalistes sur l'insurrection de 1851"

  Il est toujours sympathique de voir évoquer positivement l'insurrection républicaine de 1851, dont le rappel fait désormais consensus sur nos terres méridionales. Mais il est parfois surprenant de voir le traitement idéologique qu'elle subit. J'avoue que celui auquel, selon le journal La Provence (25 décembre 2011), s'est livré un responsable régional du Félibrige provençal, lors d'une conférence, m'a laissé pantois. Je lis en effet, sous le titre "La Coupo santo, symbole d'amitié", cette entame : "Le mouvement Félibrige est... [Lire la suite]
Posté par rmerle à 16:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
17 octobre 2014

René Merle : "De la dichotomie des biographies. L’exemple de Lucien Geofroy, félibre et communard"

  De la dichotomie des biographies. L’exemple de Lucien Geofroy, félibre et communard (Le Luc, Var, 1818 – Paris, 1889) En matière historique, rien n’est plus intéressant, à l’occasion, qu’une biographie de dictionnaire spécialisé, mais rien n’est plus piégé, quand, de bonne foi, celui qui l’établit n’a connu et mis en avant qu’un aspect de la vie de son personnage. Or chacun sait combien s’entremêlent, en chacun de nous, des intérêts et des engagements divers. À cet égard, il m’est arrivé de sourire quand on m’a soumis la... [Lire la suite]
17 octobre 2014

René Merle - "L'occitan meurt dans l'indifférence (L'Humanité dimanche). Mais l'occitan a-t-il jamais existé ?"

Sous le titre, « L’occitan meurt dans l’indifférence, mais peut-on vraiment le sauver ? », L’Humanité Dimanche constatait récemment que si l’occitan est encore plus ou moins compris par 44 % des Aquitains, la plupart des habitants de la région demeurent indifférents aux efforts en faveur de cette langue, et notamment aux possibilités récentes d’un enseignement scolaire public.On peut sans doute ajouter que la situation est identique dans les autres zones des parlers d’Oc, et au-delà…Et le journal de poser la... [Lire la suite]