Lors de ma découverte de l’occitanisme, au début des années 1970, les voix qui résonnaient, puissantes ou malhabiles, modestes ou péremptoires, étaient le plus souvent celles de jeunes chanteurs ivres de leur découverte (redécouverte ?) de la langue, qui expliquaient longuement à leurs auditoires militants, en préalable et en français, le sens de ce qu’ils allaient entendre, sens militant le plus souvent.

Je conserve de cette époque un souvenir à la fois attendri et distancié, et, je l’avoue, je n’écoute plus guerre la plupart de ces 45 ou 33 tours qui fleurirent alors.

Mais il est une voix dont la force et la justesse me bouleversent encore, comme elle me bouleversait en ce temps de découvertes. L’ariégeoise Rosina de Pèira, en magnifiant le répertoire (a priori non militant) des traditionnels, portait une vérité et une beauté qui transcendaient les créations de circonstance. J’ai récemment donné sur ce blog un de ses traditionnels. Je donne à écouter ici un de ses morceaux qui me touchent le plus.

Rosina de Pèira