Lunel0090

 

L'ouro d'espèr

 

L'ouro d'espèr vai pica,

en van la pos suplica,

siés souleto,

bèn souleto.

Lou silènci es alentour,

que te plouro un dòu d'amour.

Siés souleto,

bèn souleto,

freirejant emé la mort,

espampairis de bèus ort,

e tant palo

que siés talo

qu'uno qu'à plus set de res.

Inguènt, baume n'i'a plus ges

que soulage

lou sòuvage

patimen de toun mau-cor.

'n'autro peno es en accord,

'me ta peno,

e vous meno

tòuti dous en rudo man.

Quau saup, moun Dieu, se deman,

en rajado

benurado

uno oufrèndo de soulèu

farié pas toun cor nouvèu ?

Mai prétendre

de l'atèndre

lou poudé te n'a quita.

L'ouro duro ei sens pieta.

Soun aguio,

lento, tuio.

Miejo-niue vèn de passa.

Lou calèu vai s'amoussa,

siés souleto,

bèn souleto.

L'ouro d'espèr a pica.

 

L'heure d'espoir

 

L'heure d'espoir va sonner.

En vain tu peux la supplier.

Tu es seule,

bien seule.

Le silence est alentour

qui pleure pour toi un deuil d'amour.

Tu es seule,

bien seule,

fraternisant avec la mort»

gaspilleuse de beaux jardins,

et si pâle

que tu es telle

qu'une n'ayant plus soif de rien.

Onguents, baumes, il nest plus rien

qui soulage

le sauvage

dénuement de ta souffrance.

Une autre peine s'accorde

avec ta peine

et vous mène

tous les deux d'une main rude.

Qui sait, mon Dieu, si demain

un rayonnement

heureux,

une offrande de soleil

ne rajeunirait pas ton cœur ?

Mais prétendre

l'attendre

tu n'en as plus le pouvoir.

l'heure dure est sans pitié,

Son aiguille,

lente, tue.

La mi-nuit vient de passer.

Le croisset va s'éteindre.

Tu es seule,

bien seule.

L'heure d'espoir a sonné.

 

Nouno Judlin

- 1937 -