23-3-73

J’ai évoqué plusieurs fois dans ce blog Senès, dit La Sinse, et ses scènes provençales mêlant le provençal et le français populaire toulonnais pétri de provençal.
Cf. par exemple :
« Senès, dit La Sinse »
http://archivoc.canalblog.com/archives/2014/10/25/30833720.html
« Un texte de La Sinse, Toulon 1872 »
http://archivoc.canalblog.com/archives/2016/02/02/33287214.html

Dans mon initiation aux lettres provençales, j’avoue que j’ai peut-être pris beaucoup plus de plaisir à leur lecture qu’à celle des grands maîtres, tant elles me replongeaient dans la proximité d’un monde disparu, mais encore vivant dans les souvenirs des grands-parents.
Dans la petite feuille toulonnaise La Lorgnette, 23 mars 1873, souvent bilingue, Senès s’exprime ici sur ses motivations initiales. Le texte est écrit en 1873, et l’on ne peut que saluer sa perspicacité quand il prévoyait que dans cinquante ans plus tard le provençal parlé serait pratiquement mort (et qu’il ne survivrait, si l’on peut dire, que par la lettre). Tout au plus avait-il anticipé la fin d’une bonne trentaine d’années.

Senès fait partir son inspiration initiale du carnaval de son village natal, Solliès, vers 1853. 
On notera que, malgré son admiration pour Mistral, il avait conservé sa graphie "patoisante" notée phonétiquement à la française (plus quelques signes gramaticaux), graphie qu'il jugeait la seule apte à toucher le public populaire, et les lecteurs de la presse toulonnaise. C'est d'ailleurs la graphie la plus répandue dans la presse toulonnaise de l'époque (cf. mon ouvrage, les Varois, la presse varoise et le provençal...)

 

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