Cf. sur le blog de Jean-Pierre Cavaillé. l’article du 6 janvier, « Calife à la place du calife ? »
http://taban.canalblog.com/archives/2017/01/06/34774362.html

Mon commentaire :

« Pour avoir subi l'ostracisme de certains provençalistes dans les années 1970, quand le rectorat de Nice nous interdisait d'utiliser la graphie occitane et nous limitait à l'étude de quelques textes sacrés, pour avoir participé à la bataille pour la liberté de choix des enseignants de provençal, bataille menée avec succès contre l'administration et le lobby dénonciateur de ces provençalistes, pour constater aujourd'hui que la région dite PACA offre sur un plat d'argent (c'est le mot), le monopole de la reconnaissance officielle à une association qui se veut mistralienne et prétend contrôler et purifier la langue, bref, pour avoir esquinté mon psycho coma avec ces gens là, je n'ai même pas envie de discuter les thèses cent fois répétées depuis plus de trente ans par Philippe Blanchet. (sur tout cela voir mon blog http://archivoc.canalblog.com/)
Je voudrais par contre faire deux remarques.
La première est relative aux provençalistes. J'ai les meilleurs rapports du monde avec beaucoup d'entre eux, et je viens de saluer, en graphie mistralienne et en bon occitan provençal maritime, une figure majeure de leur groupe, Roger Gensollen (voir mon blog). C'est dans la pratique de la langue, et aussi dans la mise en perspective historique (cf. sur mon autre blog tout ce qui a trait par exemple à l'insurrection provençale de 1851) que les liens se sont noués, sur le terrain.
La seconde est relative au sentiment d'innombrables personnes que j'ai pu rencontrer en Provence au travers de mes activités historiques et politiques, donc en dehors du milieu occitaniste ou provençaliste. Si le mot "occitan" a une véritable résonance chez des enseignants, des étudiants, voire des professions libérales, je n'ai pu que constater que, dans les couches populaires, on dit : "je parle le provençal", "je comprends le provençal mais je ne le parle pas"... [Montanaro ajoutait : "je le parle très bien mais je ne le comprends pas"]...
Faire violence en plaquant abruptement sur ce sentiment la proclamation de l'occitanité n'est guère productif, voire est même contre productif. L'histoire nous apprend, et même l'histoire contemporaine (voir l'ex-Yougoslavie) que la sensibilité populaire peut parfaitement recevoir en Langue ce que les linguistes définissent comme dialecte d'une Langue.
Le provençal est dans ce cas. Pour autant, je n'abonde en rien dans l'optique de M. Blanchet qui, depuis sa chaire lointaine, proclame la solitude du provençal. C'est son affaire. Mais le problème, hélas, risque fort d'être résolu à court terme, quand plus personne ne pourra dire : "je parle naturellement le provençal, parce qu'il est la langue de ma famille, de mon quartier, de mon village, de ma cité, de mon atelier". Il y aura encore longtemps des cénacles d'affidés à la conception occitane, ou à la conception provençaliste restrictive, fonctionnant dans et par des rhizomes sur le net, les uns et les autres persuadés que l'intervention du pouvoir politique sauvera la mise à la langue. Mais quid du support social, sans lequel toute langue ne peut être que langue morte ? »