Coma tot plen de monde, recebèri la peticion – letra duberta de l’Ostau dau pais marselhés dau 25 de julhet, a la Region Occitania.Va podetz legir dessota.
Aviáu donat mon vejaire sus aquel afar tre lo mès de mai sus mon blòg generau.
Cf. :
http://merlerene.canalblog.com/archives/2016/05/13/33791528.html
http://merlerene.canalblog.com/archives/2016/06/25/34006974.html
Li tornarai.

 

Ostau dau País Marselhés

LETTRE OUVERTE

Réaction à la nouvelle « région Occitanie »

Le 24 juin dernier, le Conseil régional nouvellement formé issu des deux anciennes régions Languedoc – Roussillon et Midi – Pyrénées a délibéré pour se choisir le nom d’Occitanie. Ce choix découle pour une bonne part d’une consultation populaire durant laquelle il s’est nettement détaché des autres noms proposés. Cependant, contrairement aux propos des élus et des partisans de ce nom, qui y voient « une grande victoire démocratique », ce choix ne résulte pas d'un vote signifiant puisqu'il ne représente que 1,6% des électeurs potentiels. De plus les conditions de la consultation ont connu bien des anomalies : désinformation volontaire auprès d'un public novice sur ce qu'est réellement l'Occitanie (tant de la part d'occitanistes du Languedoc que de la presse d'expression française) ou encore mauvais fonctionnement du logiciel de vote rendant la participation aléatoire voire impossible, ce qui explique une si faible participation. Nous constatons aussi qu'aucun des cinq noms retenus pour le vote (ni parmi les 15 primitifs) ne comportait « Occitanie » suivi d'un déterminant clair qualifiant ce tiers du territoire.

Il nous apparaît donc nécessaire de clarifier certains points. La campagne de mobilisation pour ce nom a mis à jour des pratiques et des commentaires extrêmement dépréciatifs sur le travail mené par de nombreux particuliers, artistes, militants associatifs, enseignants et autres dans les régions non concernées par cette consultation et appartenant pourtant au domaine d’Oc. Les accusations d’immobilisme sont particulièrement mal venues si l’on considère que depuis la première manifestation pour la défense de la langue occitane, ce sont justement les militants d’Auvergne, Gascogne, Provence, Limousin, Pays Niçois, Vallées du Piémont... qui ont eu à chaque fois à se déplacer pour amplifier le cortège et faire porter une voix commune de défense de notre langue et notre culture.

Ces accusations sont en outre quelque peu injustes si l’on considère ce que les régions aujourd’hui administrativement en dehors de l’Occitanie ont apporté au mouvement global de promotion et de dignification de la langue occitane. Nous ne ferons pas une liste de tous les universitaires, écrivains, musiciens, enseignants, militants de cercles locaux, etc, issus de ces régions qui ont très largement contribué à cette action depuis de nombreuses décennies et ont façonné la pensée occitane dès le début du XIXème siècle jusqu'à nos jours. Il ne nous apparaît pas orgueilleux de croire que la reconnaissance de ce nom aujourd’hui est au moins très largement due à leur travail inlassable depuis plus d'un siècle et demi dans leurs territoires mais également sur l’ensemble des pays occitans.

À nos interrogations, les tenants du nom Occitanie au profit de leur seule région nous ont parfois opposé un argument parfaitement mensonger : rien ne nous empêcherait de prendre ce nom ou de militer pour que celui-ci soit accolé au nom de notre région. Outre que cela dénote une méconnaissance au mieux partielle, mais plus souvent totale, de la réalité des Pays d’Oc et du fait que les régions le composant disposent déjà de dénominations locales populaires, historiques et enracinées depuis longtemps, le procédé de dépôt du nom « Occitanie » à l’INPI dès avril 2016 empêche de fait toute utilisation par une entité administrative autre que la détentrice actuelle des droits. L'apposition de « Pyrénées-Méditerranée » au nom de la région pour essayer de rattraper l'appropriation unilatérale, mais qui ne fait pas partie du nom officiel, ne change rien à la donne.

Rappelons que les dénominations « Occitanie » et « occitan » ont été adoptées afin d’éviter la confusion amenée par la pratique ancienne de dénommer le tout (la langue et son territoire), par une de ses parties (provençal, mais aussi, auparavant, gascon ou limousin... voire catalan dans certains textes médiévaux), les camarades situés dans le triangle bordé par la Gascogne à l’ouest, le Limousin et l’Auvergne au nord et la Provence à l’est n'étant pas les derniers à s'être manifestés pour que le nom désignant notre langue et son territoire ne favorise pas une région au détriment des autres et leur permette eux aussi de pouvoir s'identifier à un nom géographiquement et historiquement plus neutre. Par un curieux mouvement arrière, c’est aujourd’hui l’hyperonyme qui viendra à désigner une des parties du domaine d’Oc, sans extension possible de cette appellation, hormis une très improbable future fusion de toutes les régions du domaine d’Oc au sein de la nouvelle "Occitanie". Il est à craindre désormais que les personnes œuvrant pour la promotion de l'Occitan ou de l'Occitanie en dehors de la Région Occitanie administrative souffrent de l'inévitable confusion que cela engendrera à l'avenir et dont les conséquences pourraient se révéler professionnellement et humainement dramatiques.

Sur ce dernier point, nous sommes particulièrement choqués de constater que les manœuvres menées pour favoriser le choix de ce nom au profit de cette seule région ont curieusement bénéficié du soutien ouvert, déclaré et actif d'associations œuvrant pour la déconstruction du domaine d’Oc, en opposition absolue avec le mouvement initié par Frédéric Mistral dès la moitié du XIXème siècle et qui fut couronné d’un prix Nobel dont le prestige a rejailli sur l’ensemble du territoire occitan. L’actuelle "région Occitanie" couvre environ 36 % du territoire occitan et ne concerne que 35 % de sa population. Nous n’entendons pas nous retrouver dépossédés d’une appellation que nous avons contribué à démocratiser et entendons continuer à nous revendiquer comme tels. Toutefois, nous n’entendons pas non plus tomber dans le piège de la servitude et de la vassalité. Un centralisme n’en remplacera pas un autre, fût-il teinté de couleurs et de sonorités différentes.

Nous tenons enfin à saluer tous ceux qui ont eu le mérite de rappeler que l'Occitanie, ce sont quatre régions françaises ainsi que des territoires situés dans d'autres régions ou États. Nous invitons désormais l’ensemble du monde occitan à organiser une grande manifestation unitaire de défense de la langue et de la culture occitanes dans son vaste ensemble initial et dans la diversité de ses parlers dans une des villes aujourd’hui administrativement exclue de l’Occitanie française : Pau, Bordeaux, Limoges, Clermont-Ferrand, Arles, Marseille, Nice et tant d’autres. Nous espérons pouvoir compter sur les camarades de la région Occitanie dans une mesure au moins équivalente à ce que nous leur avons apporté par le passé.

Signature sur provencaus@gmail.com