Je reçois de mes amis occitanistes à la fois des messages d’espoir et des messages de désespérance.

Les messages d’espoir sont relatifs à ce qui semble dorénavant être un engagement officiel en faveur de la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires.

Les messages de désespérance sont relatifs à la mise à mort de l’enseignement des langues régionales que va entraîner la réforme des collèges.

J’ai répercuté les uns et les autres sur ce blog, en espérant que l’action des associations occitanistes puisse être opérante dans ces deux domaines.

En ce qui concerne ma modeste contribution, je ne peux qu’ajouter que, aussi positive que puisse être une reconnaissance officielle de la langue d’oc, aussi génératrice de vocations que puisse être un enseignement de cette langue, la question fondamentale me semble être celle d’un vrai support social, que ni la reconnaissance officielle, ni l’enseignement facultatif ne peuvent engendrer.

Ce support social a longtemps existé passivement : il était celui de l’immense réservoir de locuteurs des travailleurs des campagnes et souvent des quartiers populaires urbains.

Il a disparu sous cette forme, avec les mutations sociologiques et culturelles que l’on sait.

Comment peut-on imaginer aujourd’hui un nouveau support social, qui ne serait pas seulement formel, (comme en république d’Eire où le gaélique est langue officielle mais où ses locuteurs disparaissent), mais qui serait véritablement collectif et vivant ? Ce sera l’affaire de la génération qui monte, et d’elle dépendra la vie, ou la mort de l’occitan en tant que langue vive.