La série de critiques sur Calendau nous l'a montré : la presse française, quand elle parle de la poésie provençale (même en bien, cela lui arrive), ne cesse de la renvoyer à ses facilités patoisantes et/ou sa fermeture sur un dialecte. Et surtout, elle l'oppose aux magnifiques réussites de la poésie française, classique ou contemporaine. L'article publié hier en est un excellent exemple. Ce qui n'empêche pas les Félibres, tout au long des années 1860, de se griser de leurs envols poétiques, qu'ils opposent au tarissement supposé de la poésie française. Ainsi par exempe dans leur Armana de 1862, le félibre fondateur Jean Brunet :

"Dòu tèms qu’eilamoundaut la pouesio franceso, desalenado e anequelido, mor de la nebladuro e de la secarié, la pouesio prouvençalo, que – renden gràci à Diéu ! – viéu de bon èr e de bono aigo à la tauo dóu pople, toujour que pu fièro, canto de-long dóu Rose coume uno  chato de quinge an. Jan Brunet, Avignoun, óutobre 1861"