petit journal

En décembre 1094, l’attribution du prix Nobel de littérature à Frédéric Mistral ne souleva pas l’enthousiasme de la presse nationale : silence ou simple reproduction des dépêches d’agence. Une exception, mais de taille, celle du quotidien sans doute le plus répandu et le plus populaire, Le Petit Journal, qui, en deux articles, présente longuement la nouvelle, et avec sympathie.
Le premier article, bien conventionnel, reprend les poncifs habituels relatifs à Mistral et ne peut que conforter le lecteur dans sa vision d’un homme du passé, conservateur et terrien, le bloc erratique d'un monde en disparition.
Le second article est beaucoup plus intéressant : le journal a dépêché un envoyé spécial à Maillane, et offre un véritable entretien avec le maître, dans une atmosphère qui n’a rien à voir avec la Provence ensoleillée de convention. Mistral y présente sa vision provençaliste strictement défensive, axée sur la langue et les coutumes, sans ouverture sur le sens et le rôle d'un maintien des "patois" dans la France en mutation.
Quelques jours après, Mistral fera la couverture du supplément illustré du dimanche.

J’ajoute en bleu quelques commentaires.

petit journal

Le Petit Journal, 13 décembre 1904

première page

FRÉDÉRIC MISTRAL

Le fondateur du félibrige lauréat du prix Nobel. – L’œuvre  et la vie du poète provençal.- Souvenirs de Maillane.

Tout le félibrige est en fête depuis deux jours. Il l’était déjà lorsque l’Académie décerna la grand prix de 10,000 franc à Frédéric Mistral, pour son important dictionnaire provençal-français, le Trésor du félibrige : mais il l’est bien plus aujourd’hui que le grand poète roman vient d’être proclamé un des lauréats du prix Nobel.
C’est la consécration mondiale de sa gloire, nous disait hier un méridional, car nul n’aura porté plus haut la « lengo prouvençalo » que l’auteur de Mireille. Quel triomphe ! On a la reconnaissance du cœur dans notre chère Provence : ah ! croyez bien que celui-là est le plus aimé de ses enfants !
Il n’exagérait pas. Depuis deux jours, les félicitations arrivent de toutes partes, en son logis de Maillane, aux bon poète qui a si magnifiquement contribué à la renaissance de l’idiome méridional, à l’auteur de tant d’œuvres exquises qui se chantent dans la Provence ensoleillée comme des hymnes où respire l’âme du pays.
Mistral est aujourd’hui âgé de soixante-quatorze ans. Des cheveux blancs couronnent son front. Mais l’âge ne l’a pas changé et il est toujours l’aède rustique [hum !] et le félibre enjoué que nous avons rencontré à Paris lorsqu’il est venu y entendre la musique que Gounod avait composée pour le poème de Mireille. [1864. Mistral avait été reçu au Petit Journal, dont le fondateur avait des attaches avec Maillane.]
Nul n’a plus que lui le respect de ses origines ; là-bas, dans sa salle à manger, il garde précieusement, attaché au mur, le trident des gardiens de Camargue et le fusil dont son grand-père s’était armé pendant les guerres de la première République.
Il est de ceux qui protestent contre toute tendance à effacer les coutumes particulières aux races et aux pays. Il a le culte de sa Provence, à laquelle il voudrait conserver sa physionomie d’autrefois. Le trait suivant peint bien son caractère, où les sentiments inspirés du milieu ancestral tiennent tant de place.
Comme il allait épouser une jeune fille issue d’une des meilleurs familles de Dijon, que la lecture de ses poésies enflammées avait séduite, il se prit à songer qu’elle était citadine et qu’avec elle peut-être entreraient dans sa maison des idées en contradiction avec les us provençaux et dont ceux-ci pâtiraient. Aussi, l’adjura-t-il de lui promettre – et il en fit la condition du mariage – qu’elle coifferait toujours le diadème de velours des filles d’Arles et adopterait comme sien le costume des villageoises du pays.
C’est le vêtement du campagnard qu’il affectionne pour lui-même et qu’il n’a cessé de porter [Mistral ne portait en rien un vêtement de cultivateur], il a gardé le mas paternel [non, le mas paternel était revenu aux enfants du premier lit, et Mistral vivait dans une modeste maison de Maillane] et, quoique fin lettré, il n’a pas laissé, tout en composant ses poèmes de surveiller ses moissons et de cultiver sa vigne du fameux vallon des Combes-Masques, que ses vers ont rendu immortel. [bien discutable : Mistral vivait de ses rentes terriennes, mais n'avait rien d'un gentleman farmer]
Ses origines, il a d’ailleurs voulu les raconter lui-même en une autobiographie qu’il a publiée en tête de son livre des Iles d’or (1875). On y peut lire comment son père, François Mistral, alors âgé de soixante ans, rencontra, au milieu des moissonneurs qui liaient les gerbes, une jeune et jolie glaneuse de Maillane dont il fit sa femme. C’était le dixième enfant de maître Poulinet, le maire de Maillane. [épisode repris par toutes les bios journalistiques du poète]
- Comment, s’écria François Mistral, la fille du maire s’occupe de glaner dans les champs !
- Eh oui, il le faut bien. Nous sommes nombreux au logis et lorsque nous réclamons au père de quoi nous parer pour les fêtes, il nous répond : « Mes enfants, vous voulez être coquettes, travaillez donc pour cela. » Voilà pourquoi je me suis mise à cueillir des épis.
Ne dirait-on pas l’idylle biblique de Booz et de Ruth ? Cette rencontre eut le même dénouement et une année après, le poète naissait de cet hymen.
Poète, Mistral fut dès l’enfance. Au collège d’Avignon où il fit ses études, les églogues de Virgile le charmèrent au point qu’il les traduisit en provençal. Un jeune professeur fut son maître en gai sçavoir. C’était Roumanille qui écrivait alors ses célèbres Pâquerettes. L’élève devint, plus que le maître, un créateur et c’est bien de lui qu’on peut dire qu’il a relevé au rang d’une langue littéraire le parler provençal qui n’était qu’un idiome populaire.
Sully-Prudhomme est le premier de nos poètes que le prix Nobel ait mis en bon relief. Voici Frédéric Mistral jugé digne des mêmes honneurs par un aréopage étranger qui, on l’avouera, a su, bien que placé loin de nous, s’inspirer d’appréciations remarquablement sûres pour juger nos gloires.

 

1909

Le Petit Journal, 16 décembre 1904

première page

CHEZ MISTRAL

A Maillane – La maison du poète – A propos du prix Nobel – Défendons les vieux dialectes ! – Le musée d’Arles – Souvenirs du passé.
De notre envoyé spécial
Avignon, 15 décembre.

- Anas veïré lou pouëto ?
Campée, poings sur les hanches, au milieu de la route qui traverse Maillane et s’enfuit vers ses collines bleues par delà lesquelles s’étend la Crau ; des yeux de jais hardis éclairant une figure anguleuse, hâlée et souriante sous un casque de lourds cheveux noirs, la paysanne provençale qui m’accueillait de la sorte, sans me connaître, alors que je descendais de voiture au cœur même du village, s’aperçut tout de suite que je ne comprenais pas, et répéta, cette fois, en français :
- Vous allez voir le poète ?
Personne, pourtant, n’avait prévenu cette femme de mon arrivée ni du but de mon voyage : mais, d’instinct, elle avait deviné que cet étranger ne pouvait venir à Maillane que pour rendre visite à Mistral « lou pouëto ! »
Et elle avait raison de m’indiquer, de son bras tendu, la maison toute proche de l’illustre chantre de Mireille.
Ah ! la patrie de Mireille n’apparaissait pas avec les séductions que Mistral a célébrées ! La pluie noyait la campagne muette – hélas sans soleil et sans cigales ! – les charretiers passaient sans chanter sur la route blanche et boueuse, bordée de platanes dépouillés, qui va de Graveson à Maillane et à Saint-Rémy ; les myriades de baies rouges, les cenelles des aubépines, s’éparpillaient dans les buissons, au bord des fossés, et c’étaient les derniers vestiges de l’été provençal.

maillane

Il n’y a pas de sonnette à la maison de Mistral. C’est une maison carrée, aux portes et aux volets verts, au milieu d’un jardin entouré d’une grille. J’entrai ; un chien vint me lécher la main. Je frappai : une servante portant la coiffure du pays d’Arles m’ouvrit et je fus en présence de Mistral, à qui je me présentai moi-même, et qui me tendit la main.
- Que le représentant du Petit Journal, dit-il, soit ici le bienvenu.
Et nous entrâmes dans le cabinet de travail du maître, vaste pièce dont les fenêtres s’ouvrent sur le jardin et d’où l’on voit, dans le lointain, la ligne onduleuse des Alpilles ; une bibliothèque en occupe tout un côté ; aux murs, des portraits et des paysages ; une table encombrée de livres, de lettres et de dépêches.
Des bûches flambaient dans la cheminée.
- Et, vraiment, vous venez de Paris, me demander mes impressions de lauréat du prix Nobel ?
Mistral souriait en caressant un peu la barbiche et la moustache grises qui lui donnent une physionomie martiale, l’air d’un ancien officier. Il a soixante quatorze ans et des cheveux blancs sous sa calotte de velours noir et n’est pas un vieillard. Sa belle figure est presque sans rides.
- Eh bien ! je vous dirai que, si je suis heureux d’avoir le prix Nobel, c’est parce que cette haute récompense donne un nouveau relief à la renaissance provençale, à laquelle j’ai consacré ma vie.
Et Mistral ajoute qu’il n’a pas été surpris, car il avait, depuis quelques semaines, reçu la lettre suivante :
" Stockholm, le 19 novembre 1904.
Monsieur,
L’Académie suédoise, ayant trouvé cette année, parmi de nombreuses propositions pour le prix Nobel de littérature, deux noms d’une grandeur incontestable, mais aussi incommensurable, s’est décidée cette fois à partager le prix entre deux auteurs éminents.
L’Académie vous a décerné la moitié du prix Nobel (cette moitié se peut évaluer à 70,429 couronnes suédoises ou 97,479 francs au cours du jour) en reconnaissance de l’originalité fraîche et artistique de vos poésies, qui reflètent si fidèlement la nature et la vie populaire de la Provence. L’Académie regarde aussi comme un devoir de couronner vos œuvres philologiques.
Je puis vous dire, confidentiellement, que l’autre moitié du prix a été conférée au célèbre poète espagnol J. Echegaray. Vous serez donc en bonne compagnie.
Dans son hésitation entre deux poètes si illustres, l’Académie suédoise a cru que la résolution la plus digne serait de n’omettre aucun des deux vétérans littéraires, mais de couronner tous les deux.
Ainsi la valeur morale du prix est, pour vous deux, la même que celle d’un prix entier ; la division de la somme n’amoindrit en rien notre haute appréciation de l’un comme de l’autre.
L’Académie suédoise se réjouirait si elle pouvait avoir le bonheur de compter sur votre présence à la distribution solennelle des prix Nobal – le 10 décembre de cette année – et elle serait enchantée de vous accueillir à Stockholm.
En attendant avec empressement votre réponse et dans l’espoir que vous voudrez accepter la distinction que notre Académie vous a décernée, j’ai l’honneur, etc.
Le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise,
C.-D. de Wirsén."
Mistral alluma un cigare et s’assit, et, après avoir jeté un coup d’œil attristé sur la campagne frissonnante sous la pluie, il reprit :
- "Je suis content, parce que j’aime mon pays, que je n’ai jamais quitté pour la ville, pour votre Paris fascinateur, et que mon pays sera content d’apprendre – car on ne sait rien encore à Maillane – qu’un grand honneur vient d’être fait au poète qui l’a chanté !
Un jour, dom Pedro, empereur du Brésil, au cours d’un voyage en France, me fit appeler à Marseille et, à la fin d’une longue conversation, me félicita de la lutte que j’avais entreprise pour défendre notre langue et il me dit : « Toutes les langues qui ne sont pas de premier ordre, comme le sont le français, l’anglais, l’allemand, etc., suivent votre mouvement avec un grand intérêt, parce que, en défendant votre langue historique, vous défendez en même temps celles d’une foule de petits peuples, des Portugais, des Finlandais, des Suédois, etc., menacées par les grands idiomes… »
Voici pourquoi je crois que les Suédois ont donné de bon cœur cette récompense à des œuvres provençales."
Je demandai au maître ce qu’il pensait de ce rapprochement : un poète qui défend sa langue locale, officier de la Légion d’honneur, couronné quatre fois par l’Académie française, lauréat du prix Nobel, alors qu’à l’autre bout de la France défense rigoureuse est faite d’enseigner et même de parler le breton.
Mistral devint grave et répondit :
- "C’est un non-sens. Je ne connais pas la Bretagne, mais je connais des Bretons à qui j’ai écrit pour leur dire : « Faites comme nous ! défendez vous ! »
Eh ! oui ! on cherche à détruire les patois. On ne se rend pas compte qu’en les détruisant, on détruit les racines, non seulement de la langue, mais du patriotisme ! de tout ce qui attache la race au sol !
Mais je vois avec joie qu’un grand mouvement se dessine. Dans tous les pays du monde, il y a actuellement un retour vers les idées de conservations ethnographiques.
Partout où le patriotisme est attaqué, on se cramponne pour le sauver. C’est que le mépris de la langue natale entraîne le mépris des traditions, de la famille et de la patrie, et c’est ce qui conduit à l’internationalisme.
L’internationalisme ! Eh ! je ne veux pas nier qu’il ne contienne en germe un rêve généreux ! Mais pourquoi veut-on que nous soyons, hommes de races différentes, tous semblables. Regardez le grand modèle que nous avons sous les yeux, qui nous domine : la création, si variée et pourtant si harmonieuse, où chaque être, chaque chose, ont leur essence particulière ! N’est-ce pas précisément la variété qui constitue la beauté de ce système admirable ?"
Ainsi parla le poète, montant à grands coups d’ailes vers le firmament. Puis il redescendit à Maillane, causant d’une foule de choses gaies ou tristes qui faisaient éclater son rire ou mouiller ses yeux.
Des souvenirs de jeunesse lui revenaient. C’est lui qui, à dix-huit ans, annonça à Maillane qu’ « il y avait la République » !
« Il y a la République ? » lui cria une Maillanaise plantureuse qui avait été déesse de la Raison !
Et, perdant toute raison, la déesse l’avait embrassé à l’étouffer. [ce n'est pas exactement la version que donne Mistral dans ses Souvenirs]
A Maillane, on s’occupait plus de politique que de littérature. On connaissait Lamartine, mais non comme poète ; même, d’abord, on crut que c’était une femme. On disait : « Quelle gaillarde, cette Martine ! »
Mais je ramenai Mistral à la question. Qu’allait-il faire des 97,479 francs du prix Nobel ?
- "J’ai fondé, m’a-t-il dit, en 1898, à Arles, un musée, le « Muséon Arlaten », où sont conservées toutes les reliques du passé provençal. Je suis allé, jeudi, voir le maire d’Arles et lui ai annoncé que je donnerais 50,000 francs pour restaurer l’ancien palais occupé actuellement par la collège, su la ville voulait me laisser y transporter mon musée qui manque de place.
C’est convenu. Nous ferons restaurer ce palais tel qu’il était à sa plus belle époque et il sera aussi beau que les palais de Florence.
Nous y installerons notre musée ethnographique et le musée municipal ; nous y créerons un musée de l’art chrétien au moyen âge et, enfin, le palais sera le palais du félibrige, qui y aura ses archives, sa bibliothèque, qui y tiendra ses fêtes, car il sera dans le milieu provençal par excellence : à Arles, le pays des belles filles qui portent encore le costume national !"
Un Américain fixé à Avignon, le docteur Léon Edwards, est allé, lui aussi, trouver le maire d’Arles et lui a annoncé qu’il allait ouvrir une souscription aux Etats-Unis pour aider Mistral dans ses projets, et que lui-même garantissait aussi 50,000 francs.
Mistral est très connu aux Etats-Unis, où s’est fondée déjà une chaire de provençal. Le président Roosevelt a promis son appui, et Mistral, sur sa demande, lui a envoyé un exemplaire illustré de Mireille avec cette dédicace :
A Moussu Roosevelt, egrègi Presidènt de la Republico estelado, oumage d’un felbre de la Republico d’Arle.
F.Mistral.
Ce qui peut se traduire ainsi :
A Monsieur Roosevelt, éminent président de la République étoilée, hommage d’un félibre de la République d’Arles.
F.Mistral.
Et Mistral revient aux idées qui lui sont si chères.
- "Ce musée servira encore notre cause, et j’espère que nous aurons des imitateurs.
Voyez-vous, l’oubli de l’héritage des ancêtres amène une inquiétude générale dans les populations. On commence à s’alarmer dans les autres provinces de France. On commence à comprendre qu’il faut se défendre contre l’influence de l’école primaire qui interdit le patois à l’enfant. Il faut créer partout, comme ici, des groupements ayant pour but de conserver les dialectes et d’empêcher les maîtres d’école de chasser le patois du pays.
Ah ! je sais bien qu’on m’accuse d’idées séparatistes, antifrançaises ! C’est absurde ! Rappelez-vous les vers de l’un des nôtres, Félix Gras :
J’aime mon village, plus que ton village,
J’aime ma Provence, plus que ta province,
J’aime la France, plus que tout !
Eh bien ! nous pensons tous ainsi, car nous n’oublions pas qu’en se donnant librement à la France, la Provence a fait un mariage d’amour !"
Et j’allais prendre congé de Mistral quand il me retint par une confidence inattendue :
- "Si je n’ai guère bougé de Maillane, n’allez pas croire que je n’aime pas Paris. Je l’aime, mais je le crains ; j’y ai passé un mois parfois et je m’en suis enfui, car j’avais peur de me laisser prendre par votre parisianisme si séduisant, si captivant, par ce mouvement intellectuel qui vous happe.
Et, tenez, je vais vous raconter un souvenir qui vous plaira sans doute.
Quand je suis allé à Paris, en 1864, à l’occasion des premières représentations de Mireille, j’ai visité le Petit Journal, qui m’offrait un banquet. On ouvrit la porte d’un cabinet et, brusquement, on me présenta un géant crépu : c’était Alexandre Dumas, en bras de chemise, qui écrivait un feuilleton, je crois, pour votre journal."
Et, en riant :
-"Vous ne pensiez pas, n’est-ce pas, que vous aviez laissé s’écouler quarante ans avant de me rendre ma visite ? Allons ! remerciez tout de même le Petit Journal et bon voyage !"
La pluie tombait toujours, enveloppant de buée le paysage aux rideaux de cyprès qui protègent le mas du mistral et, bientôt, le clocher de Maillane, qui ressemble à un pain de sucre bruni, disparut à l’horizon.